Beltug

Les entreprises publiques et privées n’ont pas assez de choix pour développer des services de télécommunication optimaux.


Date:30/03/2011


 

C’est ce qui ressort de l’étude de BELTUG sur la concurrence sur le marché professionnel. Il est grand temps que l’autorité réglementaire se penche sur ce marché professionnel. Tous les opérateurs doivent pouvoir rivaliser à armes égales avec Belgacom et ainsi contribuer à accroître la concurrence dans le domaine des services de téléphonie mobile et fixe et des réseaux de données.

Les services de télécommunication sont devenus cruciaux pour les entreprises. Les collaborateurs des entreprises doivent pouvoir travailler à partir de n’importe où, de plus en plus d’applications sont disponibles sur les portables et smartphones, et pour les cloud applications, le réseau de l’entreprise doit toujours être disponible et être ultra-performant. Pour bien concevoir leur politique de communication, il est essentiel que les entreprises puissent comparer les possibilités offertes par les différents opérateurs.

Souvent juste une offre ou deux
BELTUG a regroupé les expériences récentes de quelque 100 entreprises publiques et privées en matière d’offres télécoms. Les principaux constats sont les suivants :

  • Pratiquement la moitié des entreprises ne reçoivent qu’une ou deux offres.
  • Pour la plupart des services, Belgacom détient une part majoritaire du marché. Les autres opérateurs travaillent sur une base segmentée : ils s’adressent à des marchés spécifiques, comme les grandes entreprises internationales. Ce qui explique leur nombre réduit sur les différents segments de marché.
  • Ce sont surtout les entreprises ayant de nombreuses implantations en Belgique qui ont peu de choix.
  • Pour la communication mobile, il n’y a que deux opérateurs sur le marché business : soit Proximus, soit Mobistar. Cette situation n’est pas saine. Rien d’étonnant non plus que les prix proposés soient alors généralement très proches ...
  • Pour les données mobiles, moins de la moitié des entreprises trouvent la concurrence suffisante.
  • Le marché est peu dynamique : après avoir formulé une demande d’offre, 60% des entreprises restent finalement chez leur fournisseur. En moyenne, la différence de prix nécessaire pour justifier de passer à un autre fournisseur est de 15%.
  • C’est la complexité croissante des systèmes qui pousse de plus en plus les entreprises à faire appel à des prestataires de services. Ceux-ci concluent des partenariats avec des opérateurs de télécoms preferred, parmi lesquels on retrouve souvent Belgacom. BELTUG craint que le risque de dépendance vis-à-vis de Belgacom ne s’accroisse encore.

Peut-on encore inverser la situation ?
“Il est absolument indispensable de produire davantage de concurrence pour le marché des entreprises ”, explique Mme Danielle Jacobs.

  • Pour leur offre destinée aux entreprises, les autres opérateurs de télécoms doivent souvent faire appel au réseau de Belgacom pour assurer le dernier km. L’IBPT a réalisé un audit dans lequel il a répertorié tous les problèmes rencontrés par les autres opérateurs de télécoms dans ce cadre. BELTUG demande que ces obstacles soient rapidement levés et qu’un suivi scrupuleux soit garanti afin de s’assurer que Belgacom traite les autres opérateurs et sa division clients propre de la même manière.
  • Avec l’avènement des réseaux IP, le cadre réglementaire sera intégralement remanié. BELTUG demande que dès le début de l’opération, le marché professionnel retienne toute l’attention requise.

Au niveau européen également, il y a du pain sur la planche, car le besoin de services transfrontaliers est grand. Actuellement, les entreprises doivent en effet développer leur stratégie mobile sur la base de toute une mosaïque de services mobiles nationaux. Le cloud computing suscite également de nombreuses questions à caractère transfrontalier, par ex. concernant des aspects de vie privée, de sécurité et contractuels.

BELTUG examine ce problème en Belgique conjointement avec les pouvoirs publics et l’IBPT, et au niveau européen avec la Commissaire européenne Kroes (agenda numérique) et le BEREC (Body of European Regulators for Electronic Communications).

Vous trouverez plus de détails à la fin de cette page. 


>>> Back to overview